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Accusé, levez-vous !Qui se sent morveux se mouche, dit l’adage. La sortie de Moustapha Niasse, le week-end dernier, depuis Washington, soutenant que le problème du fuel ne date pas d’aujourd’hui, a été presque intercurrente des suspicions du chef de l’Etat, contre d’éventuels saboteurs qui auraient paralysé le système de production électrique et ainsi suscité la recrudescence des délestages notés dernièrement. Surtout que la société Oryx, par où est passée le fuel incriminé avant d’atterrir dans les turbines de la Senelec, compte parmi ses actionnaires majoritaires l’aboyeur de Washington. Des coïncidences simplement troublantes. Convenons juste, avec le chef de l’Etat, que la persistance des coupures de courant ne cadre nullement avec les lourds investissements consentis par l’Etat depuis 2000. Plus de 700 milliards injectés dans le secteur de l’Energie. Soit un renforcement de 220 mégawatts du parc électrique, 65% de plus dans la capacité de production par rapport à 2000. Suffisant, pour que ces regards inquisiteurs se tournent inexorablement vers la Senelec. L’incompréhension est totale. La colère générale. La suspicion enfle. Y aurait-t-il des taupes, des saboteurs qui sabordent inlassablement le travail abattu au sein de cette boîte ? Peut-être que l’enquête diligentée pour éclairer les délestages fera jaillir la lumière, un jour, à la Senelec. Disons simplement que comme les coupures de courant, des blocages cycliques sont notés dans différents secteurs clés de la vie sénégalaise. Régulièrement, des enseignants prennent en otage le système scolaire, avec des grèves interminables qui déteignent négativement sur la qualité de l’éducation. Derrière le parapet syndical, d’autres gredins se chargent de maintenir l’hôpital alité, à travers des grognes à répétition. Et des imams enturbannés, pour ne pas dire encagoulés, sont à la solde de politiciens apostats, pour prêcher « la bonne parole » auprès des populations et surchauffer en continu le front social. Un jour pourtant, un cadre, militant du parti au pouvoir, me faisant remarquer que le régime en place avait l’obligation « d’assainir » l’appareil d’Etat, pour mieux contrôler les secteurs stratégiques et conduire de manière plus efficiente sa politique. « Les Etats-Unis restent le modèle dans le monde, en matière de démocratie. Et pourtant, quand un président est nommé, il vient avec sa propre administration. Une organisation qui a ses ramifications jusqu’au niveau le plus bas de l’appareil d’Etat », disait-il. Lui, trouvait que le parti au pouvoir n’avait pas suffisamment promu les cadres issus de ses flancs. Se défendant de faire l’apologie d’un quelconque népotisme, il me confia : « c’est une erreur politique ». Parce que lui en est convaincu, « pendant 40 ans, le Parti socialiste s’est employé à placer ses hommes à des positions stratégiques et ce dispositif n’a pas été démantelé par l’actuel régime », ajoutait-il. Il rappellera d’ailleurs que ce complot d’Etat avait été dénoncé à l’époque par le PIT. Il me signala que ces propos avaient été repris dans le livre du ministre conseiller Amadou Lamine Faye, intitulé : « le Sénégal sous Wade ». En parcourant le bouquin, je découvris, en effet, ces phrases intrigantes, prononcées par les responsables de ce parti marxiste, lors de son 3e congrès en 1990. ‘’Le monopole exercé par le Ps sur l’appareil d’Etat depuis près de trente ans, a permis de tisser de multiples liens visibles et invisibles, constituant mieux que ses structures de parti, des relais efficaces pour son action. Cette situation assure au Ps d’importantes réserves qui lui permettent non seulement de résister encore face au peuple, mais aussi en cas de défaite, de paralyser durablement l’action d’un nouveau régime qui n’aurait pas su définir une attitude judicieuse à son égard. Tout parti (ou coalition de partis), désireux de gouverner demain le pays dans l’efficacité et la stabilité, devra adopter à l’égard du Ps une stratégie qui ne lui permette pas, une fois passé dans l’opposition, d’utiliser ses relais dans l’appareil politique et économique. Mais aussi au sein de la société, pour saboter l’action du nouveau régime, pour retarder ses résultats positifs auprès des masses, donc pour affaiblir progressivement leur soutien à cette action, en s’aménageant ainsi la possibilité d’un retour triomphal au pouvoir’’. A toutes ces explications de mon ami, militant et cadre libéral, j’avais juste rétorqué que dans un pays démocratique comme le Sénégal, on se doit de faire prévaloir la compétence. Rien que la compétence. Et c’est sans doute la même logique qui a fait que le pouvoir libéral n’a pas procédé à cette purge politique réclamée par certains. Dans plusieurs départements ministériels stratégiques, des postes de responsabilité comme celui de secrétaire général, par exemple, sont occupés par des personnes d’une autre obédience politique. Idem dans plusieurs sociétés d’Etat, où la direction échoit à ces mêmes personnes opposées au régime. La démocratie en est sauve et le Sénégal en sort grandi ! Toutefois, à y voir de plus près, l’on en arrive à se demander si, en procédant de la sorte, le régime libéral n’a pas laissé des « armes de destruction massive » aux mains de ses adversaires politiques ? Un Etat si dangereusement infiltré, que les informations sensibles d’une réunion d’un Conseil des ministres, sont narrées dans la presse dès le lendemain. Dans les moindres détails. Pire encore, des entretiens privés du chef de l’Etat s’ébruitent régulièrement et échouent souvent sur la place publique. Démocrate, Abdoulaye Wade l’est véritablement ! Lui qui a fait l’apologie de la compétence dès les premières heures de l’alternance, en appelant les Sénégalais de tous bords et de toutes les contrées à rentrer au bercail, pour œuvrer au développement de Sunugaal. Mais il y a également une autre vérité en politique, qui veut que le pouvoir se sécurise. Quitte à éjointer ces oiseaux de mauvais augure ! Ces vautours devenus faméliques, qui volent désormais si bas. A la quête d’une pitance perdue ! Bassirou Seck © lemessagersn. info
29/07/2010
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